Expérimentation inter-espèces

Mesure des émissions de méthane des petits ruminants de l'UE P3R

L’élevage des ruminants est de plus en plus décrié pour son impact environnemental en raison des émissions de méthane entérique. Le méthane est un gaz à effet de serre puissant : son pouvoir réchauffant sur 100 ans est 28 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Par contre, sa demi-vie est de 10 ans, beaucoup plus courte que celle du CO2 qui est de 100 ans. Ainsi, limiter les émissions de méthane aura un impact rapide sur les émissions globales de gaz à effet de serre. Différents leviers permettent de limiter les émissions de méthane par les ruminants comme l’alimentation, la gestion du troupeau et la génétique. Le projet Méthad’OC vise à évaluer le levier génétique en objectivant les émissions des animaux du P3R et en constituant un premier jeu de données sur lequel la part de la variabilité des émissions de méthane due à la génétique sera estimée.

 Les émissions de méthane entérique par les ruminants contribuent à l’augmentation atmosphérique des émissions de gaz à effet de serre, et participent ainsi au changement climatique. Les éleveurs peuvent contribuer à limiter ces émissions en modifiant certaines de leurs pratiques (alimentation, limiter les périodes improductives, …) et, à terme, en choisissant des reproducteurs dont les descendants émettent en moyenne moins de méthane que les autres. En ovins allaitants, des études australiennes et néo-zélandaises ont en effet montré que la variabilité des émissions de méthane est en partie sous contrôle génétique.

Dans le projet Méthad’OC, l’objectif est d’évaluer le levier génétique pour limiter l’impact environnemental de l’élevage des petits ruminants. Ce projet repose sur le phénotypage de l’ensemble des animaux de l’UEP3R pour leurs émissions de méthane, grâce aux chambres d’accumulation mobiles (PAC pour Portable Accumulation Chambers). Cet équipement, produit par AgResearch en Nouvelle-Zélande est unique en France. Il a été acquis dans le cadre du PEPR Agroécologie et Numérique. Les PAC sont déjà utilisées en routine dans différents pays (Nouvelle-Zélande, Irlande, Norvège, Ecosse, …) pour évaluer le potentiel génétique des béliers de races ovines allaitantes. Elles permettent d’enregistrer les émissions de CH4 et CO2 (et la consommation d’O2) de 12 animaux par heure.

 Un phénotypage innovant

La remorque est arrivée sur l’UEP3R le mercredi 07 janvier, et des mesures auront lieu jusqu’en 2027. L’objectif est que tous les animaux soient phénotypés au moins une fois, et que les femelles soient, elles, phénotypées à plusieurs reprises au cours d’un cycle de production, et cela, sur plusieurs cycles.

Le protocole de mesure des ovins a été affiné sur des séries de mesure réalisées sur l’installation expérimentale de l’UMR GenPhySE. C’est un agent recruté en CDD au sein de l’UMR GenPhySE, qui est en charge de la réalisation de ce phénotypage. Une application mobile de saisie des données, ainsi qu’une base de données, ont été développés à l’UMR GenPhySE en collaboration avec le CATI-SICPA.

En janvier et février, ce sont les brebis et les béliers du troupeau sélection ou des lignées parasitisme et efficacité alimentaire qui sont phénotypés grâce à la mobilisation de l’équipe ovine. En mars, se sera au tour des chèvres d’être phénotypées pour leurs émissions de méthane, avec l’équipe caprine. Ces mesures sont très attendues puisqu’aucune référence n’a été publiée jusqu’à présent sur cette espèce avec les PAC !

Des données riches en information

Les données collectées pour le phénotypage PAC sont : les émissions de CH4 et de CO2, la consommation d’O2 et le poids vif des animaux.

En mettant en lien ces nouveaux phénotypes avec les données déjà enregistrées dans le SICPA ovins-caprins, nous pourrons :

- étudier les facteurs de variation des émissions de méthane (l’âge, le sexe, le stade physiologique, le régime alimentaire, …)

- estimer l’héritabilité des différentes expressions des émissions de méthane (en g/j, en g par kg de poids vif, en g par kg de lait, en g par kg de matière sèche ingérée)

- estimer les corrélations génétique entre les émissions de méthane et les autres caractères (production laitière, prolificité, croissance, etc.)

-  étudier l’impact des sélections divergentes existant sur l’UE P3R sur les émissions de méthane

- mettre au point une équation de prédiction des émissions de méthane par les chèvres en mobilisant les spectres MIR du lait.

 Une première analyse des données collectées est prévue sur le second semestre 2026 : les résultats vous seront présentés à l’occasion de la réunion technique et devraient également faire l’objet d’un poster pour les 3R 2026.

Le projet Méthad’OC est financé par la région Centre. Les PAC ont été financé par le PEPR Agroécologie et Numérique « PATASEL » et INRAE (équipement lourd). Un agent a été recruté sur le projet PIA4 PhenoPasto pour une durée de 30 mois.

 Le développement de l’application de saisie des données a été financé dans le cadre du projet  PIA4 PhenoPasto.

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